Enceinte et mineure

Enceinte et mineure

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Comment gérer la situation ? Que dois-je prendre en compte ?

🙎‍♀️ Enceinte et mineure : suis-je trop jeune pour avoir un enfant ? – Faire le test

  • Une mère mineure exerce l'autorité parentale sur son enfant. Cela veut dire qu'elle a les mêmes droits et devoirs envers son enfant qu'un parent majeur.

  • Si tu es dans ce cas, il existe différentes options possibles pour te permettre de trouver un logement avec ton enfant et de pourvoir à ses besoins de manière optimale.

  • Selon ta situation, tu as le droit à de nombreuses aides pratiques et financières de la part de l’Etat, par exemple pour la vie quotidienne ou la garde de l’enfant.

Test – Enceinte et mineure : suis-je trop jeune pour avoir un enfant ?

Ce sujet te concerne ? Si tu veux, tu peux répondre aux trois questions concernant ta situation. Tu recevras un bilan personnalisé en quelques secondes.
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Enceinte à 14 ans, 15 ans, 16 ans, 17 ans...

Tu n’avais probablement pas prévu de devenir mère dès maintenant. Dans cette situation nouvelle et inhabituelle, tu es certainement préoccupée par beaucoup de choses et tu te demandes peut-être comment tout cela peut être faisable ?

  • Est-ce que je peux ou ai le droit d’être entièrement responsable de mon enfant ? Ou est-ce que mes parents en sont aussi responsables ?

  • Où aller habiter avec mon bébé ? Est-ce que je dois déménager ou partir de chez mes parents ?

  • Comment cela va-t-il se passer avec ma scolarité ou mes études ?

  • Quelles sont les aides financières que je pourrais avoir ?

Dans la suite de cet article, tu trouveras des réponses à ces questions et des informations sur ce qu’il est important de savoir en tant que mère mineure.

Autorité parentale en tant que mère mineure

En France, les mères mineures exercent une pleine autorité parentale sur leur enfant, tout en restant elles-mêmes sous l’autorité de leurs parents ou tuteurs légaux jusqu’à leur majorité. Il est cependant possible de faire une demande d’émancipation dès 16 ans sous certaines conditions pour ne plus être sous la responsabilité juridique de ses parents.

Cela signifie que tu es pleinement responsable de ton enfant et que tu as des droits et des devoirs envers lui, comme par exemple le devoir de le protéger, de le nourrir, de l’héberger mais aussi de veiller à son éducation par exemple. Tu as le droit de prendre toutes les décisions qui le concernent, comme l’inscrire en crèche ou à l’école.

Si le père reconnait l’enfant avant son premier anniversaire, il exerce l’autorité parentale avec la mère. S'il reconnait l'enfant après l'âge d'un an, la mère exerce seule l'autorité parentale, sauf si les deux parents se mettent d'accord pour que le père exerce également l'autorité parentale.
📘 Pour en savoir plus à ce sujet, tu peux lire l’article sur la reconnaissance de paternité.

Logement avec le bébé : quelles sont les possibilités ?

Au quotidien, la responsabilité d'un bébé s'accompagne naturellement de la question de savoir où toi et ton bébé vivrez le mieux. Il y a plusieurs possibilités.

1. Habiter chez tes parents

Certaines jeunes mamans souhaitent rester chez leurs parents avec leur bébé. C'est bien sûr possible, si toi et tes parents êtes d'accord. Si le père de l’enfant est mineur, il a aussi le droit d’être hébergé par tes parents, si c’est ce que vous souhaitez.

2. Avoir son propre logement, seule ou avec le père de l’enfant

S’il n’est pas possible d’habiter chez tes parents, par manque de place ou pour d’autres raisons, tu peux déménager. Si tu n’es pas émancipée juridiquement, tes parents doivent donner leur accord, car ils sont les seuls à pouvoir signer un bail de location tant qu’ils exercent encore leur autorité parentale. Tu peux alors emménager seule ou avec ton copain.

Si tu t’inquiètes de ne pas pouvoir payer le loyer toi-même, tu peux faire une demande d’allocation logement ou de logement social.

✅ Toutes les infos : Aides pour la grossesse et la maternité

3. Les centres maternels de l'Aide sociale à l'enfance (ASE)

Si tu ne parviens pas à te mettre d'accord avec tes parents concernant la question du logement, tu peux t'adresser à une assistante sociale de la Protection Maternelle et Infantile (PMI) ou au service d’Aide Sociale à l’Enfance de ton département pour trouver une solution.

Il existe des centres maternels qui accueillent les femmes mineures de la grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant. Ces centres ne proposent pas seulement un hébergement, mais aussi un accompagnement pour construire son projet professionnel et apprendre à devenir mère. Tes parents ou responsables légaux doivent donner leur accord pour que tu puisses y être hébergée.
Il existe aussi des centres parentaux pour l’accueil des couples de parents.

L’Aide Sociale à l’Enfance peut aussi t’aider à trouver d’autres solutions selon la situation.

Enceinte au collège, au lycée ou en formation professionnelle ?

Tu réfléchis peut-être déjà aux implications de la grossesse sur ta vie quotidienne, et tu te demandes si tu pourras terminer ta scolarité ou ta formation comme prévu ? Tu te demandes probablement aussi ce que tu vas pouvoir dire au collège, au lycée ou dans ton centre de formation.
Tu peux t’adresser à l’infirmière scolaire de ton établissement ou à une assistante de service social de l'Éducation nationale (qui sont tenues au secret professionnel). Ces professionnels peuvent t’accompagner dans tes démarches et t’aider à poursuivre au mieux ta scolarité. Des aménagements peuvent être mis en place, comme par exemple le recours à de l’enseignement à distance ou le passage des examens au cours d’une autre session.
Si tu as besoin de quelqu’un à tes côtés pour en discuter avec un membre du personnel de l’établissement, tu peux demander à un proche de t’accompagner.

En général, les femmes mineures enceintes réussissent à poursuivre leur scolarité et à obtenir leur diplôme, en prenant éventuellement une pause plus ou moins longue après la naissance.

Pour plus d’infos et de conseils :

Après la naissance : bénéficier d’aide au quotidien

Pour chaque femme, l’arrivée d’un bébé s'accompagne de nouveaux défis. Peut-être que ta famille ou le père de l'enfant te seront d'une grande aide et te soutiendront. Cependant, toutes les jeunes mères ne peuvent pas compter sur un tel soutien, par exemple parce que leurs propres parents travaillent.

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Garde d’enfant

L'une des plus grandes questions que tu te poses probablement en ce moment si tu souhaites retourner à l'école ou poursuivre ta formation après la fin de ton congé maternité, est celle de la garde de l'enfant. Car, même avec un bébé, ta formation reste évidemment importante.

En ce qui concerne la garde de l’enfant, il existe différentes possibilités en fonction de ta situation :

  • Si tes parents ou les parents du père de l’enfant ont le temps, ils peuvent s’occuper de ton bébé en ton absence.
  • Tu peux aussi confier ton enfant à une crèche ou à une assistante maternelle pendant que tu es à l'école ou au travail. Dans ce cas, il est conseillé de chercher une place d'accueil le plus rapidement possible, même si les parents mineurs sont généralement considérés comme prioritaires.
  • Si le père de ton enfant travaille déjà ou suit une formation professionnelle, il peut lui aussi prendre un congé parental et s'occuper de votre enfant (s’il a cumulé 12 mois d’ancienneté).
  • Si tu vis dans un centre maternel ou parental, ton enfant sera gardé lorsque tu seras en formation.

Les finances : de quoi allons-nous vivre ?

En tant que mineure, il se peut que tu sois encore en formation scolaire ou professionnelle et que tu n'aies donc pas de revenu ou un revenu plutôt faible.

Comme pour toute mère, majeure ou non, tu as le droit à différentes aides financières, si tes revenus ne dépassent pas un certain plafond. Les montants varient en général en fonction des ressources.

  • La prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) comprend différentes aides :

- la prime à la naissance (versement unique de 1019,40 €)

- l’allocation de base (entre 90 € et 190 € par mois environ)

- le complément de libre choix du mode de garde : cela peut aller de 200 à 900 € par mois environ, selon le type de mode de garde.

  • Le revenu de solidarité active (RSA), dont le montant varie en fonction des ressources (entre 780 et 1090 € par mois selon ta situation). Tu peux toucher le RSA dès la grossesse.
  • L’allocation de soutien familial (ASF) dans le cas où tu élèves seule ton enfant. Le montant est d’environ 190 € par mois par enfant.

ℹ️ Tu trouveras toutes les informations à ce sujet dans l’article : Aides financières pour la grossesse et la maternité.

En plus de toutes ces prestations sociales, il existe certains organismes vers lesquels tu peux te tourner pour obtenir de l'aide :

  • Tu peux obtenir de l'aide et des informations auprès de la Protection maternelle et infantile (PMI).
  • Tu peux t’adresser à la Caisse d’allocations familiales (Caf), pour obtenir une allocation logement par exemple.
  • Si tu es en formation ou que tu commences un travail, Pôle Emploi/France Travail propose une aide à la garde d’enfant pour les parents isolés (AGEPI).
  • Tu peux aussi te tourner vers des associations de soutien aux familles, comme le Secours Populaire ou la Croix Rouge.

Comment avancer ?

Peut-être qu'avec toutes ces idées et informations, tu ne sais plus où donner de la tête et tu ne vois pas encore clairement ce qui serait le mieux à faire dans ta situation.

Pour l’instant, tu n'as peut-être pas encore trouvé de personnes de confiance à qui parler de tout cela, parce que tu as peur de la façon dont elles pourraient réagir. Tu te demandes probablement ce que tes parents diraient et comment tu pourrais leur parler de ta grossesse ?

D’après notre expérience, les parents réagissent généralement de manière plus positive que ce que l’on pensait. Voici quelques conseils qui peuvent t’aider à en parler avec eux :

  • 👥 Trouve une personne pour te soutenir : peut-être un adulte qui connaît tes parents et en qui tu as confiance, ou bien une tante ou une marraine qui est toujours là pour toi ?
  • 🤔 Réfléchis d’abord à ce que tu veux dire et comment. Il peut être utile de noter tes idées sur un papier et de l'emporter pendant la discussion pour ne pas perdre le fil et rester concentrée sur le plus important.
  • 💚 Ose dire ce que tu ressens et ce que tu souhaites. Tu peux par exemple aussi dire à tes parents que cette discussion n’est pas facile pour toi, mais qu’elle est importante.
  • 🤝 Tu peux demander du soutien à tes parents. Ils peuvent t’aider grâce à leur expérience de vie.
  • 👩‍🦰/👱‍♂️ Selon ta situation familiale ou si tu trouves cela plus facile, tu peux d’abord en parler avec l’un de tes parents.
  • 🕰 Donne à tes parents le temps de digérer la nouvelle et de réfléchir à de bonnes solutions.

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