Avortement : les 10 questions les plus fréquentes sur l'interruption de grossesse

  • Il existe plusieurs méthodes d’avortement. En France, une IVG médicamenteuse est possible jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse (soit de la 9e semaine d’aménorrhée, c’est-à-dire 9e semaine depuis le début des dernières règles) et une IVG chirurgicale jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse (soit de la 16e semaine d’aménorrhée).
  • Un avortement coûte entre 190 € et 660 € environ. Cependant, l’IVG est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie et il n’y a en général aucun frais à avancer.
  • Chaque femme concernée vit cette expérience de manière personnelle. Les vécus sont donc très différents et ne peuvent pas être comparés. Après une interruption de grossesse, il peut y avoir des conséquences aussi bien physiques que psychologiques, mais ce n'est pas forcément le cas.

⚖️ Si tu te poses la question d’avorter ou non, tu peux faire le test IVG.

1. Jusqu'à quand peut-on avorter ?

En France, une interruption volontaire de grossesse est possible jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse (en comptant à partir de la fécondation). Pour les médecins, cela correspond à la 16e semaine d’aménorrhée (en comptant depuis le début des dernières règles).

Pour des raisons médicales, une IVG médicamenteuse n’est possible que jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse (9e semaine d’aménorrhée). Après ce délai, une interruption volontaire de grossesse n'est possible qu'avec la méthode chirurgicale.


2. Comment se passe une IVG ?

Il existe deux méthodes d’avortement différentes :

  • L’IVG médicamenteuse : elle consiste à prendre deux types de pilules différentes. La prise des médicaments se fait sous surveillance médicale ou à domicile, après une consultation. L'embryon est ensuite expulsé.
  • L’IVG chirurgicale (ou instrumentale) : elle consiste à retirer l’embryon hors de l’utérus avec un outil d’aspiration au cours d’une opération.

Pour en savoir plus sur les 10 étapes principales du processus d’avortement et le fonctionnement comparé de chaque méthode, tu peux lire l’article sur les méthodes d'avortement. L’article Quelle anesthésie choisir ? te permettra de t'informer sur les différents types d’anesthésie utilisés pour une IVG chirurgicale.

🏥 Tu peux aussi faire le test : Méthodes d’avortement : que dois-je savoir ?


3. Combien coûte une IVG ?

En France, une interruption volontaire de grossesse coûte entre 190 € et 660 € environ. Le prix exact dépend de la méthode utilisée, du médecin ainsi que de l’établissement dans lequel elle est pratiquée.

  • Une IVG médicamenteuse réalisée en « ville », c’est-à-dire dans un cabinet médical, en centre de santé, ou en centre de santé sexuelle coûte environ 190 €.
  • Une IVG médicamenteuse pratiquée en établissement de santé coûte environ 280 €.
  • Une IVG chirurgicale coûte entre 460 et 660 € environ (selon le type d’établissement, la méthode d’anesthésie et la durée de l’hospitalisation).

➡️ Ce coût est généralement pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie, sans avance de frais.

Cela vaut aussi pour les jeunes femmes mineures. Il existe cependant des dispositions légales spécifiques pour les femmes de moins de 18 ans.

Pour une décision aussi difficile, il est important de ne pas réfléchir uniquement à l'aspect financier de chaque option, mais de prendre en considération d'autres aspects immatériels, comme ta santé et ton bien-être émotionnel. Pour prendre une décision vraiment mûrie, il est conseillé de se donner du temps pour réfléchir à la question d'avorter ou non, et de demander du soutien si on en ressent le besoin.


4. Avorter ou non ? Les pour et les contre

De nombreuses femmes ne savent pas quoi faire lorsqu’elles se posent la question d’avorter ou non. Elles peuvent avoir l’impression d’être en conflit intérieur. Elles hésitent et sont probablement tiraillées entre différents arguments pour et contre un avortement.

Comment peux-tu trouver une solution solide dans cette situation ?

  • 🕰 Il est avant tout conseillé de se donner assez de temps pour prendre une décision.
  • 12 conseils pour prendre une bonne décision
  • 📋 Cela peut aussi aider d’écrire une liste de pour et de contre pour peser chacun des arguments.
  • ❤️ De nombreuses femmes enceintes racontent également qu'il était important pour elles de chercher une décision avec laquelle leur raison et leur cœur soient en accord.
  • ⚖️ Le test IVG peut aussi t’aider à prendre ta décision.

5. Quels sont les risques possibles d’une IVG ?

Après une interruption de grossesse, des complications physiques et psychologiques peuvent survenir.

Dans le cas d’une IVG médicamenteuse, des saignements et des douleurs abdominales peuvent survenir même après l’expulsion de l’embryon.

Une IVG chirurgicale (ou instrumentale) présente des risques relativement faibles, par exemple :

  • Des saignements post-opératoires peuvent survenir jusqu’à deux semaines après l’intervention. Le risque d’infection gynécologique est accru durant cette période.
  • Très rarement (moins de 1 % des cas), il peut y avoir une perforation ou des lésions de l’utérus, dues aux instruments utilisés.

Outre les risques physiques, il existe pour certaines femmes des risques de troubles psychologiques. Certaines femmes éprouvent d'abord un sentiment de soulagement après un avortement. D'autres décrivent des sentiments de tristesse ou de douleur, soit immédiatement après, soit après une période plus longue.


6. Avortement tardif : quand est-ce autorisé et comment cela se passe-t-il ?

En France, un avortement tardif (après le délai légal) n’est autorisé qu’en cas d’atteintes graves à la santé de l’enfant ou de la mère. C'est ce qu'on appelle une interruption médicale de grossesse (IMG).

Cela n’est possible que lorsqu’une équipe de médecins confirme la gravité des raisons médicales. Dans ces circonstances, un avortement est en principe possible jusqu'à la fin de la grossesse.

Comment se déroule une interruption médicale de grossesse (IMG) ? Avant 22 semaines d’aménorrhée, un accouchement est déclenché. Le processus d'accouchement entraîne alors le décès du fœtus. Après 22 semaines d’aménorrhée, le fœtus reçoit une injection qui entraîne un arrêt cardiaque. L'accouchement est ensuite déclenché.


7. Quelles sont les raisons les plus fréquentes d’avorter ?

Les raisons pour lesquelles une femme enceinte pense à un avortement sont aussi personnelles que la situation de la femme elle-même.

Cependant, la plupart des femmes racontent que l'une des situations suivantes les a amenées à penser à un avortement :

  • Il ne veut pas de l'enfant : de nombreuses femmes expliquent qu’elles réfléchissent à un avortement car leur partenaire ou conjoint n’accepte pas l’enfant. Tu trouveras plus d’infos et de conseils dans le test : Que faire s'il ne veut pas de l'enfant ?
  • La relation avec le père est compliquée : la relation vient tout juste de débuter, c’est une relation sans engagement ou instable, ou bien la femme est enceinte d’un autre homme. Tu peux faire le test : Enceinte d'un autre homme, que faire ?
  • Je dois m’occuper de mes autres enfants : beaucoup de femmes enceintes pensent à un avortement parce qu'elles sont déjà mères et se sentent parfois débordées ou tiraillées entre leur travail, leur famille et d'autres obligations. Tu trouveras ici des infos et des conseils à ce sujet.
  • Tout était prévu différemment : parfois, les projets de vie sont remis en question lorsqu’une grossesse arrive de manière inattendue et bouleverse certaines choses. Tu as aussi l’impression d’être enceinte au mauvais moment ? Voici des informations et conseils pour toi.
  • Je ne peux pas assurer une bonne vie à mon enfant : les soucis financiers ou matériels peuvent également nous peser au point de nous donner l'impression de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de l'enfant. Tu trouveras ici toutes les informations sur les aides financières possibles et les contacts pour obtenir du soutien.
  • Une maladie ou des complications de santé rendent la situation difficile : une maladie chez la mère, les diagnostics éventuels chez l’enfant ou des expériences difficiles de grossesses ou d’accouchements antérieurs peuvent provoquer de l’inquiétude et des préoccupations. Si tu es dans ce cas, sache que tu n’es pas seule !

Tu peux en lire ici davantage sur les raisons les plus fréquentes pour lesquelles les femmes pensent à un avortement.

Forcée à avorter ? – Tu trouveras ici des informations et de l’aide.


8. Quels sont les témoignages des femmes qui ont vécu une IVG ?

Certaines femmes qui sont confrontées à la question d’avorter ou non se demandent comment les autres femmes l’ont vécu. Dans le processus de décision, il peut être utile de lire différents témoignages de femmes concernées. Mais il est important de garder à l’esprit que la manière de vivre un avortement est très personnelle et différente pour chaque personne.
Tu trouveras plus de témoignages de femmes ici.


9. Combien y a-t-il d’avortements en France ?

En France, 234 300 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été enregistrées en 2022 (Statistiques de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES)).

Concernant les interruptions médicales de grossesse (IMG), 7035 ont été réalisées pour motif de maladie grave et incurable du fœtus et 367 pour cause de mise en danger grave de la santé de la mère (Agence de biomédecine, 2021).


10. Quelles sont les étapes du processus d’avortement ?

Avant une interruption de grossesse, la grossesse doit être confirmée par un médecin et la semaine de grossesse exacte doit être déterminée.

Deux consultations avec un médecin ou une sage-femme sont prévues avant la réalisation d’une IVG. Lors de la 1re consultation, le praticien informe la femme des différentes méthodes ainsi que des risques et effets secondaires possibles. Il est ensuite proposé à toute femme de bénéficier d’un entretien psycho-social, afin d’obtenir du soutien psychologique et des conseils appropriés à sa situation. Cet entretien est obligatoire pour les jeunes femmes mineures.

Lors de la 2e consultation, la femme donne son consentement écrit dans le cas où elle a librement pris cette décision.

Il est conseillé de ne pas prendre une décision dans la précipitation, mais d'utiliser le temps dont on dispose pour bien peser le pour et le contre. Quelles raisons vont dans un sens et dans l’autre ?
Dans cette situation, cela peut faire du bien de se confier à quelqu'un.

Nous serions heureuses de pouvoir t’accompagner, grâce à nos ressources de conseil digital ! Tu mérites de pouvoir bénéficier de toute l’ aide et de tout le soutien qui peuvent t’être utiles ! 💚

Cet article t'a-t-il été utile?